SHABBAT MON AMOUR

31/08/2018

Je t'entends, tu résonnes déjà à mon âme, ton souffle m'attire, me transporte, je viens.

Ta douce musique céleste, que le profane ne peut entendre, vient caresser mes pensées, elle transcende mon esprit, celui dont tu m'as fait don au cœur du  tissu maternel.

Je suis feuille qui s'envole, feuille qui virevolte, vers toi mon bien aimé, toi le Maître du Shabbat, toi mon époux. Je te sens , je devine ta présence, l'ombre des choses à venir, quand tu perceras les cieux sur ton cheval blanc entouré de l'armée de notre Aba.

Je ferme les yeux, je te laisse me parler, ta Parole est inscrite dans mon cœur , gravée par le doigt d'Adonaï. Rendez-vous précieux , incompréhensible pour l'ignorant, coupe de délice , nectar sublime pour l'enfant de Vérité , ton peuple.

Tu dresses la table , la tienne celle qui se couvre d'or et de diamants, celle que tu as préparée dans ton sang, blanchi par l'amour d'Elohim. Tu m'emportes loin de ce monde terrestre où se côtoient souillures et ténèbres. Tu y fais briller des mets plus fins, plus succulents les uns les autres, arrosés d'eau vive, limpide, transparente, claire, celle qui hydrate mon corps, mon âme, mes pensées. J'y découvre des perles aux parfums de fruits inconnus, mon palais se noie dans les senteurs du Jardin d'Eden, espace perdu que tu reconstitues dans ton amour ineffable.

Eden, je le vois, je le sens, je le devine, drapé de verdure, envahi par des vergers croulants de fruits d'amour aux couleurs arc-en-ciel. Je circule dans Tes allées, comme le lecteur dans Ta Torah, ces chapitres, ces vers , elles sont dessinées, comptées, soignées par ton art de Père artiste parfait. Je m'assoie en pleine lumière, tu es soleil de paix, rien ne peut me brûler si ce n'est ton amour incandescent , amour qui dessille le voile  au profit d'une beauté à couper le souffle.

Tu me laisses sans voix, je te bois, toi l'amour du Shabbat, toi qui fait couler dans mes veines un sang nouveau, d'un bleu sidéral, ce bleu que tu as peint dans ces hauteurs d'univers, aux beaux jours d'été. Je le regarde ce ciel caché que tu déchires à celui qui veut te rencontrer, que tu révèles à celle qui vient au puits de midi, boire à jamais l'eau de la vie gratuitement. 

Shabbat, heure gravée sur le fronteau de la ville qu'est ma vie. Heure annoncée comme ce mariage à venir , heure qui sonne la fin de la souffrance, et le début d'un bonheur où toi et moi nous ne sommes plus qu'un, parce que je suis ton peuple et que tu déposes sur mon front ta couronne de vie, cette marque , cette signature qui s'exclame "elle est ma fille, je suis son Aba"

Shabbat prélude à l'amour en pérennité qui viendra un jour, Shabbat instant précieux pour mon âme. je m'affaire au petit matin, je sais que tu seras toujours au rendez-vous, je me prépare telle la future mariée , excitée, aimante, jalouse de te perdre, de te manquer. 

Je viens , je courre, je ne suis plus , je ne suis qu'un souffle perdu pour ce monde mais combien vivante pour toi, mon amour. Je te chante ma passion, je la fais courir en croches, en noires, en blanches, tantôt lancinante , tantôt effrénée, j'anticipe , je te veux , je te désire, j'aspire à cet instant, où nous ne sommes plus que toi et moi, plus que nous deux, j'ai audience spéciale auprès de toi.

Cet instant, loin du semainier servile, où ta présence se révèle dans l'intensité de mon abandon à t'obéir totalement, à ne respirer que toi, à n'entendre que toi, à ne comprendre que toi.

Shabbat et ses bougies, toi le suprême aux 7 lumières, toi le créateur de la Lumière, toi qui transperce les ténèbres pour y apporter ta vie de lumière, tu y brilles comme ces myriades d'étoiles remplissant les univers à l'infini. Elles jouent à sourire, à rire, à rendre ébahie l'enfant qui les découvre par une nuit de silence majestueux. Elles appellent à voir ton  Nom, ton existence, ta grandeur , ta majesté. 

Deux bougies, en mémoire du peuple d'Israël, les deux Maisons que tu veux et vas réunir un jour au son de la venue splendide de notre Adon , le Mashiah. Deux bougies , qui dans la nuit, sont les deux témoins à venir, deux scintillements dans la noirceur de ce monde en perdition.

Deux bougies comme toi et moi, deux, qui se fondent en fondant, pour ne faire plus qu'une dans ces flammes douces, sucrées, fragiles, mais si fortes par leur symbole. Je les regarde , leur offrant mes larmes de consentement, oui l'union E-chad , par ta Volonté et rien que la tienne.

Le cri du Schofar vient parfaire ce moment intense, ta voix appelle, elle perce les murs, je ferme les yeux, je sens ta douce brise me caresser, je sens ta présence, je suis au rendez-vous, tu viens , tu es là, tu l'as dit, tu l'as écrit, vivante Parole, personnifiée, tu es avec moi jusqu'à la fin.