Tranches de Vies

03/11/2018

PREMIERE TRANCHE

Aux confins de l'entendement dogmatique des hommes, se trouvent des croisements de chemins que peu osent emprunter , sans doute par ce que leurs consciences leur soufflent que c'est là la vraie vie, les vraies vies...

Entre ce que le monde nous inculte , nous façonne, nous fascine et les couloirs d'un autre Monde dessiné et voulu par notre Elohim, il existe non un gouffre mais une galaxie à mille feux , mille lumières inaccessibles aux réticents de la Liberté procurée par l'affranchissement de notre Adon.

Oser pourrait être également le titre de cet article, oser, vouloir , accepter...

Le chemin à suivre nous est révélé par les Écritures , encore faut-il reconnaître qu'elles nous sont voilées d'autan que nos cœurs et nos raisons sont à l'aveuglement de ce que les ténèbres sont aux insensés.

Mea Shearim

Quartier réputé de Yeroushalaïm, de part ses habitants ultra-orthodoxes, ses codes et ses dogmes réfractaires à la Vie , à la Liberté. Mais de quoi parlons-nous exactement ? De ce que nos yeux ont vu , de ce que nos oreilles ont entendu ? Ou de ce que l'on nous a "traduit" comme dangereux , ce que l'on a voulu nous faire paraître comme un monde à bannir ?

Rien que le nom de ce quartier suffit à produire des réticences et des craintes sans doute pour beaucoup justifiées, toujours est-il que Yahshoua n'a eu de crainte de les rencontrer , de les aimer et de prier pour eux.

Ma mémoire me rappelle ma volonté purement humaine lors d'un ancien voyage parmi mes multiples déplacements en Israël de rejoindre un groupe "touristique" payant pour entrer dans ce cercle fermé, Mea Shearim. Ma mémoire me refait sentir le refus du Ruah, elle refait sonner à mes oreilles "Pas maintenant, pas comme celà" J'ai souvenir d'avoir répondu "D'accord, si cela doit ce produire c'est Toi qui m'y fera entrer sans que je l'ai cherché".

Laisser le Temps au temps, Un temps pour tout....

Me revoilà à Yeroushalaïm, mes voyages s'inscrivent désormais dans un calendrier rythmé, au service de mon Elohim, pour son peuple, mon peuple. Tous les congés scolaires me voient faire ma valise et le ballet des aller-retour s'opère par sa Main agissante. Ainsi en a voulu Adonaï, et à chaque fois les événements sonnent comme un avis favorable de mon Aba.

Shabbat matin dernier , lecture de la Parachah à l'hôtel, avec mes Jeunes. Le soleil vient accompagner ce doux repas spirituel, il attire par ses rayons, quelque chose me dit de sortir, l'impatience de l'obéissance me pousse vers la sortie, je connais cette insistance du Ruah, je ne discute pas, je sors, nous sortons tous d'un commun accord.

Nous voici dans la rue centrale de notre quartier de prédilection, nous sommes chez nous, le vent balaye doucement nos visages, les rayons de l'astre solaire nous réchauffent, peu de monde voire personne dans les rues, le Shalom est présent comme à chaque fois que Shabbat s'installe dans la ville, la douceur de vivre de notre Adonaï sublime ces instants. Je goûte ce nectar, je ne fais plus qu'un avec mon Adonaï. 

J'assiste malgré moi à une dispute de couple affairé loin de shabbat, autour de leur voiture, j'exprime à mes jeunes les conséquences d'une désobéissance du Repos , et là, dos tourné j’aperçois un Rabbin Torah à la main . Il m'entend , se retourne, m'observe longuement, puis s'approche d'un pas décidé. 

Très vite il s'exclame "comment HaShem fait les choses ! Il me dit que vous avez le cœur pur, vous devez venir avec moi, nous allons partager le repas de Shabbat ensemble, vous et vos enfants".

Il continue " Je suis du quartier de Mea Shearim" !

J'en reste pantoise, je l'observe à mon tour , et j'écoute le Ruah. La discussion qui s'en suit, personnelle pour ma famille et moi-même, ne fait que confirmer que c'est la volonté d'Elohim . J'obéis, nous le suivons.

Nous voici entrant dans le fameux quartier, fermé, barricadé pour empêcher les voitures de circuler le jour de Shabbat, et là brusquement, je me retrouve dans les ruelles en plein milieu d'hommes ultra-orthodoxes, peu de femmes voire pas du tout, mes jeunes et moi nous nous resserrons, je commence à trembler, je me demande comment va se terminer cette étrange histoire.

Ce Rabbin-guide est un alerte sénior, de 70 ans, bien connu par la communauté, partageant son logement avec un autre Rabbin. 

Nous voici à table, les bénédictions commencent, il nous sert la Dafina, plat typiquement shabbatique, il rompe le pain et nous fait passer le vin, le kidoush.

Mon âme est retournée, mon souffle est sidéré, je suis là, moi une femme de la Maison d'Ephraïm, en plein cœur de Mea Shearim, en face d'un Rabbin, à sa table, qui me bénit et bénit ma famille , je suis là greffée à l'Olivier Franc, moi porteuse de la Lumière de Yahshoua HaMashiah, je partage le pain de vie et le vin de la purification avec mon frère en parti aveuglé , et tout cela par le vouloir d'Adonaï.

Je n'ai pas de mots, je me laisse vivre ses instants parce que je sais qu'Elohim est présent . 

Le repas se terminant, le voilà qui annonce "'Je vais vous emmener à la Synagogue, vous allez rencontrer, voir et vivre ce que nous vivons ici"

Comme dans un rêve, nous le suivons, il prend mon fils sous son aile, et lui annonce, "tu vas t’asseoir   à mes côtés, les femmes monteront à l'étage, et toi tu feras comme je fais"....

Mon cœur est submergé par l'amour d'Elohim, Yahshoua est à l'oeuvre, le Ruah souffle comme pas possible.

Nous voici à l'entrée d'une synagogue de ce fameux quartier, il nous en fera visiter 4 au total, avec à chaque fois, des cérémonies particulières, je verrai notre frère aîné prier et louer Elohim de tout son cœur, toute la journée ! De quoi bien méditer pour ceux et celles qui ont tendance à les critiquer...Shomer Shabbat est bel et bien un temps à part non pour souiller nos yeux avec les choses de ce monde ni parler des choses de ce monde, mais bel et bien pour ne faire plus qu'un E-Chad avec Elohim !

Me voici à l'étage avec ma fille aînée, j'observe mon fils en-bas, et tout d'un coup, notre Rabbin se lève , il est choisi pour sortir le Sefer Torah, le Grand Rouleau de son placard, mon fils est à ses côtés, la Torah est ouverte , elle est promenée dans toute la synagogue, mon fils assiste de près à cet événement, moi , en haut, j'ai les larmes, je vis un rêve tout éveillée. Oui c'est bien Yahshoua HaMashiah, la Parole faite chair qui réunit des quatre coins du monde, et un jour scellera la réunification des deux bois selon Ezechiel 37.

La journée continuera de la sorte durant 6 heures nous irons dans tout le quartier , à la rencontre des religieux, et je découvrirai des visages aux sourires flamboyants, de la pauvreté certes extrême mais de l'hospitalité dont le monde occidental ferait bien de prendre exemple.

Ils n'ont rien en comparaison à nous les enfants gâtés de ce monde mamonique, et le peu qu'ils ont ils vous l'offrent !

Chaque maison a sa porte ouverte, entre les offices de shabbat, que le propriétaire soit là où non, la table est mise avec des victuailles, et chacun peu entrer dans la maison , se servir manger et sortir, que vous soyez connu ou non, peu importe, shabbat vous devez offrir votre maison, vos repas, à celui qui a besoin. Quel enseignement ....Avis à tous les détracteurs des religieux...

Ce genre de chose ne vous sera certainement pas relayée par les bien-pensants des religions évangéliques, cathos, protestantes et autres dénominations même Messianiques. Et pour cause, ils sont eux aussi empêtrés dans des dogmes qui n'ont rien à voir avec l'Amour du MashiaH.

J'ai vu , de mes yeux vu, l'amour dans bon nombre de yeux de ces gens, j'y ai vu aussi la souffrance, l'aveuglement, j'y ai vu ce qu'a vu Yahshoua des hommes et des femmes pris dans des filets de fardeaux trop lourds pour leurs épaules. J'ai pleuré parce que c'est en parti à cause de nous qu'ils sont ainsi. 

Combien les critiques ? combien leur jettent la pierre ? Yahshoua sous les coups de leurs ancêtres a imploré le pardon de son Père. Combien ont oublié ces instants cruciaux ?

Ils nous ont offert ce qu'ils avaient, c'était à dire l'accueil d'Elohim dans leur vie, leur nourriture d'une pauvreté extrême, ils se sont fait une joie de nous la donner, je suis sortie de là, confuse de ma richesse matérielle, confuse de mon ignorance du vrai Amour, confuse parce que ce que l'on raconte n'a rien à voir avec ce qu'ils sont.

Certes, ils sont imparfaits, certes beaucoup parmi eux sont loin de la vérité, mais toi qui lis ces lignes, comment étais-tu avant d'avoir rencontré Yahshoua Ha Mashiah ? tellement parfait que tu peux les juger ?

Elohim a fait une oeuvre dans mon cœur, il m'a préparée à cette rencontre par une vision quelques années en arrière, il m'a "transportée" dans un lieu tel que j'ai visité, et il m'a montrée l'importance qu'ils avaient à ses yeux.

La fin de la journée est la cerise sur le gâteau, cela va rester gravé à jamais dans mon cœur, puisse Elohim par son Mashiah me le rappeler si je devais l'oublier.

Nous voici fin de Shabbat, là sur le trottoir, nous devons nous séparer, lui le Rabbin de Mea Shearim et nous enfants de la Maison d'Ephraïm. Ma bouche s'ouvre je laisse parler le Ruah

Je le bénis non avec des mots superflus mais avec ce qu'a décidé Elohim et j'en suis moi-même tremblante, je l'observe au début de ma prière, à voix haute , j'assiste à une scène surréaliste

Il s'avance vers moi, avec son grand chapeau noir, il baisse la tête, ferme les yeux, croise ses mains, il marque ainsi son consentement, et me voilà à le bénir en pleine rue

J'invoque sur lui les berakhot - bénédictions d'Adonaï-  je dis Elohim...en retour à sa journée prise pour nous, et tout d'un coup je m'entends dire "et que vous soyez au bénéfice de la réunification des deux bois, la Maison d'Eprahïm , le tout Israël, avec la Maison de Yehuda."

Je continue ma prière en révélant le Mahsiah , je le vois , je l'entend ponctuer par des Amen.

Il me sourit d'un sourire libérateur. Il prend mes coordonnées de mon hôtel.

Deux jours se passent, je suis à mon hôtel, je prends en salle mon café du matin, la porte est ouverte, il fait beau, le soleil est toujours au rendez-vous...Le Rabbin arrive...Il entre, sourit, il est accompagné, le  but de sa visite nous appartient en privé. Nous discutons un bon moment, il se lève, se retourne , me regarde et me dit " J'ai compris que vous êtes messianique quand vous avez prié au sujet des deux bois réunis"

Je lui dis doucement que je n'aime pas le mot "messianique" parce qu'il est galvaudé, que le nom du bébé dans la crèche est une farce tragique, qu'Elohim a donné le Vrai Nom Yahshoua qui signifie la Délivrance. Je lui explique qui est Yahshoua le chemin , le derek qui mène à la Maison d'Elohim et que cela n'a rien à voir avec ce que les religions en ont fait. Me voilà , là assise devant mon café, à parler de Yahshoua à un Rabbin de Mea Shearim, debout devant moi, tout sourire !

Il me sourit mon brave Rabbin, et me répond "j'aime comme vous parlez de la Torah, c'est vrai, vous avez raison" Il sort, l'histoire se termine là. La suite appartient à notre Elohim et à celui qui viendra avec son van à la main récolter sa moisson.

Je reste rêveuse devant mon café qui refroidit, mon cœur est retourné par l'oeuvre chaleureuse de mon Aba, comment dire ? rien sinon pleurer devant tant de grâce de notre Elohim, oui je ne suis qu'un instrument dans Ses mains, une servante inutile, qu'IL utilise comme il veut quand il veut pour Sa Seule Gloire.