Rencontres

02/01/2019

Nième voyage, Eretz mon amour après Elohim, me voici dans la brume inscrite de mon cœur, ne cherchant plus , regardant attendant, contemplant et voyant médusée l'oeuvre de mon Aba se dérouler à des instants inopinés, et pourtant conduits.

C'est l'hiver, Yeroushalaïm s'agite sous la houlette des fêtes païennes, loin du Shalom, le vrai, d' Adonaï. Jérusalem la Sodome et Egypte, bat son plein de festure, de luxure, d'erreurs doctrinales, chacun y trouve excuse, tous tentent de faire plier la Torah , parole faite chair à leur minuscule cerveau humain. Le vase vil fait la leçon au Potier...

Yom shishi, vendredi, la cadence s'accélère, surtout pour les gardiens de Shabbat, j'en fais parti, ma fille aînée m'accompagne. Elle reçoit en plein Machane Yehuda, ce marché aux mille senteurs d’arômes, d'amour et d'humains, les deux petites bougies pour Shabbat, je n'en avais pas, comme à chaque fois Adonaï donne de quoi mettre ses Lumières à la face du Monde rappelant ainsi qu'un jour viendra où le porteur de Lumière , notre Mashiah , accomplira Ezechiel 37.

Nous bravons  la valse à mille temps, la foule qui nous entraîne, le rendez-vous approche, il n'est pas question de manquer la rencontre officielle avec notre Bien-Aimé, nous portons le signe distinctif entre Elohim et son Peuple.

Guest house toute neuve, cette auberge de Jeunesse n'a que trois mois, elle ne désemplit pas, je n'avais plus que ce logis de possible, mon cœur serré avait accepté. Le soupir dans mon âme prenait le pas sur les tentatives de foi qu'un jour j'aurai un vrai pied-à-terre...

J'obtiens l'autorisation du manager d'allumer nos bougies dans la salle commune, j'avais tout simplement oublié que le repas de shabbat était au programme comme "festivité" au même endroit, plus tard.

Nous voici dans un coin, disposant les bougies sur une petite table, le monde s'éloigne de mes pensées, le brouhaha devient un murmure lointain, je ne vois plus que ma fille, les Tehilim, la Torah, les deux lumières, je suis partie ailleurs, j'écoute ma fille lire un passage, je goûte cet instant de volupté, plus rien n'existe que ma rencontre avec mon Elohim, je suis à l'heure, j'ai à nouveau accepté l'invitation Royale, je signifie aux cieux que je prophétise le Shabbat Millénaire à venir, porteur du chiffre 7.

Soudain une femme s'avance, elle nous regarde, sans un mot nous montre les bougies, son regard questionne, nos yeux se rencontrent dans un univers inconnu aux aveugles, puis elle se cache les yeux, et commence la prière du Shabbat , là en toute humilité devant tous, elle fait parti des shomerettes, ces gardiennes du shabbat, de ces brebis malades qui en savent l'importance. 

Elle se retire sans un mot, nous savons dès lors qu'Elohim est à l'oeuvre, que son Ruah a commencé son souffle puissant. Par ses deux petites bougies, obtenues miraculeusement par ma fille au détour d'un chemin au shouk, donné gratuitement, voici qu'une enfant d'Adonaï a pu, aux yeux de tous, répondre à l'invitation sublime d'Elohim. Elle y reviendra à cette petite table accompagnée d'une âme en peine, elle lui expliquera le pourquoi du comment et veillera à ce qu'elle aussi signe cet instant de bonheur par son obéissance. Je regarde, je tremble, je suis toute petite, Adonaï est si grand.

Arrive un homme, le temps de comprendre son sourire, son visage, sa joie, il est juif, c'est à lui que revient l'ouverture du Shabbat ainsi que son explicatif à tous les inscrits au repas ce soir...

Il ne parle pas un mot de français, me voici  à partager en Anglais, le don des langues opère le miracle, comme à chaque fois. Avraham Robin de son nom est perse, iranien, scribe au Etats-Unis, plus dans la compréhension Intellectuelle que dans la rencontre amoureuse avec Elohim.

Avraham est une brebis malade. Une vie tourmentée, issu de parents juifs , dans le deuil de sa compagne, jeune, en souffrance de vie familiale, il est tout simplement assoiffé de Vérité.

Après l'ouverture du Shabbat qu'il mènera avec rigueur, exactitude et minutie, tant dans le Kidoush que le partage des Hallots et le sel, le voilà qui accepte de prendre place à nos côtés , à table , notre conversation s'entend, la tablée fait silence plus d'une fois, des français sont là, entre autres, le message de la Torah, lettre d'amour, est annoncé, l'histoire d'Elohim, parole vivante est proclamée. 

Le Ruah démontre encore une fois que l'annonce de Yahshoua n'est guère possible si l'histoire écrite dès le commencement n'est pas expliquée. Il s'agira donc non pas de produire un copié collé huilé à l'évangélisme, mais bel et bien de parler du Père, ce Papa qui existe, qui nous a façonné et qui nous aime tant. Première étape avant de montrer le Chemin de la délivrance, du Salut qui nous permet de nous réconcilier avec Lui.

Bingo, notre Avraham ne connaît pas Elohim, il l'enseigne, il l'écrit mais ne l'a jamais rencontré ni vu, l'histoire de Yov, (job) prend tout son sens ici.

La soirée continuera dans un lieu plus calme, un café-chic que notre ami a tenu à nous faire découvrir, il voulait que nous continuâmes à lui parler d'Hashem...ce NOM si mystérieux pour lui.

Avraham entend la Parole, lui qui l'écrit et maîtrise l'hébreu. Il est pris d'émotion par le Ruah, secoué par la révélation de son péché, lui qui ne prend guère de temps pour LE rencontrer.

En plein milieu de la conversation Avraham me regarde, ses yeux s'enfoncent dans un brun lourd de sens, c'est un homme, la lumière qui étincelle témoigne de son humilité il dira avec simplicité :

"Maintenant je commence Techouva, demain j'irai au Kotel pour prier"...Techouva, repentance...

Je reste là tremblante, je regarde mon frère aîné qui en sait tout un rayon bien plus large que moi sur la connaissance des Ecritures, et je découvre un enfant qui a besoin de retrouver son Papa, de l'entendre, de le voir...

Autour du café, ce sera l'importance de lire la Torah, non comme un intellectuel mais bel et bien comme une lettre d'amour, c'est d'ailleurs le message que me dictera le Ruah pour Avraham. Mon cœur ce soir a traversé les affres de la solitude, au service de mon Maître. Donner a bien plus de valeur que de chercher à recevoir. Le Royaume d'Adonaï n'attend pas, c'est servir qui compte et non pas se servir.

Adonaï m'a donné de regarder Avraham comme LUI le voyait , un oiseau blessé au sang juif, qui donnait de son temps pour annoncer Shabbat mais qui saignait du cœur comme le Nil couleur rouge sang...

Je l'ai revu tout le long de mon séjour, mis à part mon escapade au Kibboutz chez ma fille, Avraham a voulu mes coordonnées, Avraham , ce jeune homme si sensible, vecteur de la foi hébraïque a soif de Vérité, il concluera  "Tu me parles de la Torah comme mes parents ne l'ont jamais fait , et ça me fait vraiment du bien"...

Shabbat matin, nous l'avons vu avec un visage sérieux , lumineux, il avait son coussin de lecture de Torah avec lui : "Je vais au Kotel, je vais prier , je n'ai pas oublié ce que tu m'as dit hier..."

Scribe Avraham, mais aveugle et cherchant la Lumière, un rayon de soleil a commencé à poindre, je sais qu'Elohim terminera son oeuvre en lui à la Perfection, c'est écrit cela se fera. Nous avons rendez-vous lors de mon prochain voyage en Février, la Torah ne retournera pas à Elohim sans accomplir l'effet pour lequel elle a été conçue.

Au kibboutz , le Shabbat suivant , j'ai reçu une photo d' Alexia , une autre rencontre, elle a pris Avraham pendant qu'il était sur l'estrade de l’hôtel, toute une foule réunie autour de lui, debout, silencieuse, les clients...Il enseignait le Shabbat comme jamais il ne l'avait fait....

Oui quand Adonai oeuvre, quand on laisse faire le Ruah, alors les écailles des yeux tombent , des hommes se lèvent , la Parole est annoncée....