MON SOUVERAIN

05/09/2018

C'est en toi que je trouve refuge, toi le créateur de toutes choses, toi qui respire le cristal transparent de pureté , blancheur immaculée, où rien ne peut égaler ta splendeur, ton parfait, toi le Saint des saints.

Un jour lointain, j'ai découvert ta Lettre, celle que tu as fait consigner sur du papyrus , cette plante qui fait parti de ta création botanique, tu l'avais déjà pensée, elle aussi, tu savais déjà que ton Amour y serait transcrit fidèlement, accompagné de ton Souffle , ce ruah de vie , de force , de conviction .

Je ferme les yeux, et j'imagine cet homme assis là-bas sous sa tente, les cheveux grisonnants tirant vers le blanc, sa peau tannée par les longues marches sous le soleil ardent, sa tunique tantôt flottante tantôt collante à sa peau, selon que le vent du désert le happe de sa violence sablée.

Moché écrit, ou fait écrire, peu importe , tout est sous ton contrôle, tu m'écris déjà à ce moment là, à cette époque, à ce millénaire, moi qui ne suis pas encore née à la vie terrestre, moi qui dois sans doute dormir quelque part dans la poussière d'étoiles , au cœur du firmament lacté.

Tu m'écris, tu sais déjà qu'un jour je lirai ta prose, tu connais déjà les mots qui me toucheront, qui me rappelleront à ton existence , à ton Amour. Tu as tant voulu que rien ne m'échappe, qu'avant même le papier, tu as choisi le Roc, ce rocher de pierre taillé d'un bloc pour y graver par ton doigt de Père, tes précieuses recommandations. 

Tu as vécu la trahison avant moi, bien sûr. Tu l'as vu celui que tu as chéri durant des millénaires, bien avant la fondation de notre galaxie, tu l'as vu s'élever dans ta Lumière, tout de blanc vêtu, oui tu l'as vu vouloir ta place, la vouloir tant et si bien qu'il en a séduit un tiers parmi ton armée céleste.

J'ai l'impression de t'entendre pleurer, Toi qui n'a donné qu'Amour suprême, toi qui a livré ton Nom à sa confiance, toi qui ne pouvait imaginer un seul instant que le fruit de ta création, ton bras droit, celui qui te connaissait mieux que les autres, celui qui devait sans doute avoir place privilégiée sur ton sein, te trahisse au point de vouloir la mort de ta création, de ta personne.

J'entends presque le cri de détresse quand tu n'as d'autre choix que de l'extraire de ta présence. Douleur sans aucun doute pour Toi qui aimes au point que les humains ne peuvent en deviner la profondeur. Te séparer de celui qui t'a accompagné tout au long des siècles a laminé ton cœur de Père, la séparation tu connais, et tu allais encore la vivre des milliers de fois à cause de lui, à cause de nous, à cause de moi.

Pourtant rien ne t'a arrêté dans ton élan d'amour, ce besoin qui fait que c'est Toi, et rien que toi, tu vis d'amour , tu es Amour. Et te voilà a dessiné une magnifique planète, toute de bleue vêtue, encerclé d'une aura d'oxygène, comme une bulle de protection afin que ni le soleil, ni la lune ni rien ne puisse venir troubler la quiétude que tu voulais pour l'humain, pour nous , pour moi.

J'ai découvert ta Lettre, sans doute attendais-tu patiemment que quelqu'un me la transmette, pourtant tout me parlait déjà de Toi , autour de moi. Tu avais prévu que l'attente serait longue, alors dans le tissu de ma mère, tu as rajouté ta touche spéciale, celle qui fait que quelque chose me parle de Toi, quelque chose me révèle dans la nuit de folie de ce monde, ta voix, le chemin à suivre, dû moins à cet instant, la route à découvrir.

Ma main tremble quand elle ouvre ce cadeau, je sais déjà qu'elle va me parler de Toi, je te devine à chaque ligne, je ne comprends pas tout, ton langage m'est inconnu quoique vaguement familier.

Mes pensées sont balayées, je devine confusément un autre monde, un autre Amour, une autre réalité. Tu es là, finalement je pleure.

Je me noie dans ces pages immenses que tu as verrouillées depuis tant d'années, je cherche fébrilement ta face, je reste stupéfaite, ébahie, gênée, puis brusquement au détour d'une vie scabreuse, le voile est déchiré, l'horreur de ma petitesse dans mon orgueil puant fait que je m'écroule au détour d'une nième page de ta Lettre, "soyez saint car je suis Saint".

Tu avais pourtant dès le début donné le La , cette note qui ne souffre aucun bémol, pour une symphonie d'Amour, à l'oreille parfaite. Mon cou raide issu de mes pères a broyé tes avertissements, je me suis retrouvée nue, pauvre , abandonnée.

Aba, ....le Miracle a eu lieu encore une fois. Toi qui avait vécu la trahison, la plus terrible qui soit, tu as franchi une autre étape qui fait que je ne puis rester debout devant ta face. La place de l'ange de Lumière déchu a laissé un vide énorme dans ton royaume, ton cœur a saigné , tu as alors élevé au-dessus de tous ses compagnons, celui qui devait porter la réconciliation, la délivrance, celui dont tu m'as écrit "Mon nom réside en lui"...Yah-shoua

Comme un roman, une belle histoire, j'ai dévoré ta Lettre à cette étape, et j'en suis restée pantoise. Ton Amour est tel que tu n'as pas voulu rayer de l'univers la race d'Adam, tu l'as sublimée par le sang adamique de celui que tu as nommé ton Fils, tu l'as marqué de ton sceau d'amour pour que sur nous, sur moi coule ton Pardon, et que viennent les Noces de victoire.

Encore fallait-il que tu m'extrais de ces années d'errance, de mensonges religieux, de fausses croyances, que tu m'amènes hors de Babylone, dans ce désert qui nous est , qui m'est personnel, pour que moi aussi je te rencontre comme toi tu le voulais, un face à face qui transcende l'être, et qui fait que plus jamais l'on n'est comme avant.

Tu m'as touché de ton doigt par ta Lettre, tu as ouvert mes yeux par ton message d'amour, puis un jour dans cette solitude voulue par toi, tu as fait entendre ta voix dans mes oreilles, j'avais entendu parlé de Toi, maintenant mes yeux te voient.

Ta lettre, elle est là , comme un trésor, vieillie par le temps, mais ça aussi tu l'avais prévu, et tu en as fait moult copies au point même que celui qui t'a trahi a tenté de falsifier ta déclaration d'amour, sans succès, tu es Souverain, celui qui est au-dessus de tout, de tous, de moi.

Mais ta Lettre ne s'arrête pas là, elle porte en elle des rencontres prophétiques, ultimes preuves d'amour pour l'être que je suis, indigne de ta présence, tu me convies à tes rencontres, tu fais cesser le Temps, afin que Toi et Moi nous puissions réviser ensemble, ce qui sera un jour en pérennité , Ta Sainte présence dans ton Royaume à venir.

De semaine en semaine , tu m'offres un havre de paix, moment sacré où tout s'arrête afin que je puisse me reposer de cette vie de servitude, et n'avoir que toi, rien que toi comme source d'eau vive. Oh, je sais , je l'ai bien compris, chaque jour ta présence m'accompagne et à chaque instant dans ton lieu très saint, je peux venir à Toi, mais là aussi tu savais la folie de ce monde en perdition et tu a marqué le Temps du Shabbat comme un rappel lancinant du 7 ième millénaire. 

Repos absolu en ta présence !

Ta Lettre m'éclaire au fur et à mesure que tu m'inondes de ton amour, que mon obéissance fait acte de volonté volontaire, oui je veux , alors tu révèles...Les Saintes convocations sont comme un aimant , elles m'attirent à Toi, heures bénies, elles sonnent le rassemblement, le rappel que tout est en toi et tout vient de Toi.

Trente années passées que je lis ta Lettre, et je n'ai pas fini d'y découvrir les perles que tu y a glissées , comme ce collier de nacre qui au final vient orner le cou de la jeune mariée, je les rassemble, craintive d'en perdre une seule, peu m'importe les biens matériels, pourvu que je ne les perde pas, et s'il le faut je vends tout pour retrouver celle que j'ai perdu. Souverain par ta Lettre d'Amour, j'ai accepté un soir, un jour, une nuit, je ne sais plus, j'ai laissé ma bouche dépasser le mot Père, et je t'ai murmuré Papa...Les écluses ont libéré des flots continus de larmes, la digue venait de céder, ton oeuvre de Souverain achevait ce pourquoi tu m'avais écrit tant de millénaires en arrière : Tu m'avais aimée le premier, et tu attendais que je t'aime profondément, sans détour, telle que j'étais, sans rien cacher. 

Cet instant je ne l'oublierai jamais, j'ai cédé, j'ai plié, j'étais libre, enfin libérée de mes chaînes, la rencontre a eu lieu, la vraie, l'insondable. 

Souverain oui tu l'es toi qui a nettoyé mon cœur, enlevé la pierre et mis ta chair d'Aba à la place, ce cœur qui vibre d'amour au rythme de ta douceur, de ta vérité, de ta loyauté, de ta vie.

Souverain tu l'es par ta Justice pleine et entière, celle qui fait que tu entends le cri du malheureux, de la veuve et de l'orphelin, celle qui fait que tu aimes au point de souffrir avec ton enfant, parce que je suis ton enfant, je l'ai lu dans ta Lettre...un choc, merveilleux, mais un choc...

Je n'aspirais qu'à une chose pouvoir rester au sol à l'entrée de ton royaume, du bon côté bien sûr, mais je pensais ne jamais avoir la moindre légitimité pour oser , espérer plus...Tu m'avais déjà tant donné par tes sacrifices multiples. Face à l'infidélité, ta fidélité est restée sans faille , tu ne m'as jamais rejetée, certes sanctionnée avec justesse et justice mais jamais au grand jamais rejetée.

Et soudain ta Lettre a fait de moi ton enfant...ta Lettre me dit que tu es Roi des rois, ta Lettre me dit que tu m'as adoptée, ta Lettre me dit que tu as fait de moi ton héritière, au même titre que ton Fils bien aimé, mon avocat près de Toi. Je suis figée, immobile, je ne réalise pas, je m'interdis même de l'accepter, pourtant ton appel se fait de plus en plus pressant, et un jour ta voix, ta présence, ton sourire, ta Vie, je suis transportée par ton Amour, l'aigle royal me saisit , je décolle, je chante avec les anges cette musique céleste, ...j'abdique, je suis fille de Roi, tu m'aimes, je t'aime !

Tu es mon Souverain !